DCG UE9 — Comptabilité

L’épreuve, le programme et la méthode.

En bref : l’UE9 Comptabilité est une épreuve écrite de 3 heures, de coefficient 1, qui vaut 14 crédits ECTS. Le sujet se compose de dossiers indépendants portant sur une même organisation : opérations courantes, TVA, règlements, investissement, travaux d’inventaire, comptes annuels. Seule la liste des comptes du plan comptable général est autorisée, et la calculatrice est interdite — c’est la seule unité comptable du diplôme dans ce cas. À la session 2027, ces modalités restent identiques, mais le programme est réformé : 170 heures restructurées en six compétences, dont deux blocs entièrement nouveaux.

L’épreuve

  • Nature Écrit
  • Durée 3 h
  • Coefficient 1
  • ECTS 14

Le bulletin officiel la définit comme une épreuve portant sur l’étude d’une ou plusieurs situations pratiques, d’exercices ou de questions. En pratique, le sujet prend la forme de dossiers indépendants irrigués par un même cas d’entreprise. Cette indépendance est une sécurité à connaître le jour de l’épreuve : rester bloqué sur un dossier n’interdit pas de traiter les autres, et il vaut mieux les parcourir tous avant de commencer.

Deux contraintes matérielles pèsent lourd sur la préparation. Le seul document autorisé est la liste des comptes du plan comptable général, à l’exclusion de toute autre information. Et aucun matériel n’est admis : tout usage d’une calculatrice constitue une fraude. Les sujets sont conçus en conséquence — taux de TVA simplifiés, montants calculables de tête — mais cela suppose un entraînement au calcul mental mené toute l’année, au même titre que la technique comptable.

C’est le point sur lequel l’UE9 se distingue de toutes les autres unités chiffrées du DCG : l’UE6, l’UE10 et l’UE11 autorisent la calculatrice. Un candidat qui enchaîne les épreuves ne doit donc pas transposer ses habitudes d’une salle à l’autre.

Le programme applicable à la session 2027

Le programme représente 170 heures, restructurées en six compétences au lieu des quatre parties du programme de 2019.

Partie Heures Part du programme
1. Comprendre l’écosystème comptable 20 h 12 %
2. Appréhender la méthode comptable 20 h 12 %
3. Analyser comptablement des opérations courantes 60 h 35 %
4. Opérer les régularisations liées aux opérations d’inventaire 50 h 29 %
5. Établir les comptes annuels et cerner les enjeux de leur diffusion 10 h 6 %
6. Analyser les impacts de l’évolution technologique sur l’organisation comptable 10 h 6 %

Les opérations courantes et les travaux d’inventaire représentent à eux seuls 110 des 170 heures, soit près des deux tiers du programme. Le détail des sous-parties précise le dosage.

  • Écosystème comptable (20 h) — définition et rôles de la comptabilité dans une perspective historique (5 h), positionnement de la profession comptable (10 h), intérêt de la normalisation et de la réglementation (5 h).
  • Méthode comptable (20 h) — identification des flux et leur transcription (5 h), organisation comptable (15 h).
  • Opérations courantes (60 h)opérations avec les tiers (30 h), opérations d’investissement et de placement (10 h), cessions d’immobilisations et de valeurs mobilières de placement (10 h), sources de financement (10 h). C’est le bloc le plus lourd : achats, ventes, réductions, TVA, paie, règlements et rapprochements bancaires.
  • Travaux d’inventaire (50 h) — finalité et enjeux des opérations d’inventaire (40 h), détermination du résultat, clôture et réouverture des comptes (10 h). Amortissements, dépréciations, provisions, créances douteuses, régularisation des charges et des produits.
  • Comptes annuels (10 h) — bilan, compte de résultat, annexe, affectation du résultat, enjeux de la diffusion des comptes.
  • Évolution technologique (10 h) — bloc inédit : progiciels de gestion intégrée, automatisation des traitements, dématérialisation, signature électronique, conséquences sur l’organisation du travail comptable.

Le programme est progressif : la méthode comptable conditionne tout le reste, et aucune partie ne s’aborde vraiment isolément. C’est aussi l’unité qui prépare l’UE10 Comptabilité approfondie et alimente l’UE4 Droit fiscal — la travailler tôt et solidement rentabilise deux autres épreuves.

Ce que le programme ne demande plus

Plusieurs points sortent de l’UE9 avec la réforme, pour éviter les redondances entre unités. Les connaître évite de réviser à perte.

  • Les lettres de change papier ne sont plus au programme.
  • Les boni et mali sur emballages sont retirés.
  • Les taxes assises sur les salaires ne sont plus traitées ici.
  • En TVA, les prestations de services avec l’étranger, les redevables et assujettis partiels et les régularisations sur immobilisations partent vers l’UE4 Droit fiscal et l’UE10 Comptabilité approfondie.
  • L’escompte des effets est réservé à l’UE6 Finance d’entreprise et à l’UE2 du DSCG.

Ce qui change à la session 2027

Le DCG est réformé. Les nouveaux programmes, publiés par l’arrêté du 4 août 2025 au bulletin officiel de l’enseignement supérieur du 28 août 2025, sont enseignés à partir de la rentrée de septembre 2026 ; les premières épreuves alignées sur eux auront lieu à la session 2027. Les sessions jusqu’à 2026 incluse restent régies par le programme de 2019.

Ce qui ne change pas

Les modalités de l’épreuve sont identiques : toujours 3 heures, coefficient 1, 14 crédits ECTS. La liste des comptes du plan comptable général reste le seul document autorisé, et la calculatrice reste interdite. L’intitulé de l’unité ne change pas non plus.

Ce qui change

Le volume horaire reste de 170 heures, mais le programme est restructuré autour de six compétences au lieu des quatre parties de 2019. Deux blocs sont réellement nouveaux :

  • La profession comptable et la déontologie (10 heures), jusqu’ici traitées en UE10 Comptabilité approfondie : statuts et modalités d’exercice, missions, responsabilités, règles déontologiques.
  • Les impacts de l’évolution technologique sur l’organisation comptable (10 heures), qui n’existaient pas au programme.

L’orientation d’ensemble se déplace vers le contrôle et la qualité de l’information financière : le référentiel acte, selon les termes du guide pédagogique, « une transition nette entre un métier historiquement centré sur la production des écritures comptables et un rôle désormais davantage orienté vers l’analyse et l’assurance de la qualité ».

Le format du sujet évolue aussi : le sujet zéro publié pour le nouveau programme compte quatre dossiers indépendants, là où le sujet 2026 en comportait trois.

Le sujet zéro, dossier par dossier

Fait suffisamment rare pour être signalé : le ministère a publié, dans le guide pédagogique du DCG de juillet 2026, un sujet zéro accompagné de ses éléments de corrigé pour chaque unité. C’est aujourd’hui la meilleure indication du niveau attendu à la session 2027.

Celui de l’UE9 compte 11 pages et se présente sous la forme de quatre dossiers indépendants, appuyés sur huit documents et une annexe à rendre avec la copie — un extrait de grand livre client. Le candidat y est comptable dans une société de systèmes de sécurité, sous la responsabilité de la directrice financière, et supervise un stagiaire dont il doit contrôler le travail. Aucun barème par dossier n’est affiché, contrairement aux sujets des sessions récentes.

Dossier Ce qui est demandé
1. Opérations courantes et TVA Présenter les règles d’exigibilité de la TVA sur les ventes de biens et de prestations de services, donner un avantage et un inconvénient de l’absence d’option pour les débits, comptabiliser les opérations du mois, et contrôler une écriture de liquidation de TVA proposée par le stagiaire.
2. Travaux mensuels relatifs aux règlements Justifier l’intérêt du rapprochement bancaire, comptabiliser les écritures qui découlent d’un état de rapprochement produit automatiquement par le progiciel de gestion intégrée, puis lettrer des créances clients avec leurs règlements.
3. Opérations d’investissement et de financement Qualifier et évaluer la valeur d’entrée d’un matériel industriel et d’un bâtiment, comptabiliser la facture du fournisseur, mesurer l’impact sur les comptes, comptabiliser une échéance d’emprunt — et répondre à des questions sur les partenaires destinataires des comptes, la mission du commissaire aux comptes, son indépendance et la signature électronique.
4. Opérations d’inventaire et de clôture Traiter les régularisations de fin d’exercice à partir des informations relatives aux immobilisations et aux autres postes concernés.

Le sujet zéro est annoté par ses auteurs, et ces annotations valent instruction. Elles signalent que la question 1.4 teste « la notion de contrôle, renforcée dans le nouveau programme », que la question 2.2 vérifie la capacité à « exploiter une information produite par le système d’information comptable », et que deux questions du dossier 3 reprennent « la nouvelle compétence du programme relative à la connaissance de la profession comptable ». Autrement dit : les deux nouveautés du référentiel ne sont pas décoratives, elles sont évaluées, et elles le sont à l’intérieur de dossiers techniques classiques plutôt que dans un dossier séparé.

Où se jouent les points

Trois constats reviennent d’une session à l’autre.

Les questions de cours pèsent une part réelle du barème. Elles portent sur des définitions, et une réponse rédigée avec le vocabulaire du plan comptable général vaut mieux qu’une paraphrase approximative. Ce sont des points préparables à l’avance, contrairement au reste du sujet.

Les calculs doivent être justifiés. Une partie des points est attribuée au détail du calcul, pas seulement au résultat : le montant juste tombé du ciel rapporte moins que le même montant accompagné de son mode d’obtention, dans le libellé de l’écriture ou en marge.

L’épreuve est longue en nombre de questions. Les questions ne sont pas individuellement difficiles, mais leur enchaînement exige de la rapidité : c’est l’entraînement sur sujets complets, chronométré, qui fait la différence — davantage que la relecture du cours.

Savoir contrôler devient aussi rentable que savoir enregistrer. Le nouveau programme demande de vérifier une écriture existante, de repérer une erreur et de la corriger. C’est une compétence qui s’entraîne autrement : en relisant des écritures fausses, pas seulement en produisant les siennes.

Environ deux tiers des candidats certifient l’UE9 (66 % à la session 2024). C’est l’une des unités les plus abordables du diplôme, à condition d’avoir automatisé les écritures les plus fréquentes.

Questions fréquentes

La calculatrice est-elle autorisée à l’épreuve d’UE9 ?

Non. Aucun matériel n’est autorisé, et le sujet précise que tout usage d’une calculatrice constituerait une fraude. C’est propre à l’UE9 : l’UE6, l’UE10 et l’UE11 admettent une calculatrice en mode examen. Les sujets sont construits en conséquence, avec des montants calculables de tête.

Quels documents sont autorisés ?

La liste des comptes du plan comptable général, à l’exclusion de toute autre information. Il ne s’agit donc pas du plan comptable commenté : uniquement la nomenclature des comptes, sans définitions ni règles d’évaluation.

Combien de dossiers comporte le sujet ?

Le sujet de la session 2026 en comportait trois ; le sujet zéro publié pour le nouveau programme en compte quatre. Un sujet zéro n’a cependant pas valeur de règle — il illustre une modélisation possible de l’épreuve, sans engager le format des sessions futures.

Faut-il connaître la déontologie du commissaire aux comptes ?

Oui, depuis la réforme. La profession comptable et la déontologie, dix heures de programme, sont descendues de l’UE10 vers l’UE9. Le sujet zéro les évalue directement : mission du commissaire aux comptes, incompatibilités liées à son indépendance, partenaires destinataires des comptes annuels.

Que recouvre le bloc « évolution technologique » ?

Dix heures consacrées aux effets de la technologie sur l’organisation comptable : progiciels de gestion intégrée, automatisation des écritures et des rapprochements, dématérialisation, signature électronique. Le sujet zéro l’aborde de façon très concrète, en demandant d’exploiter un état de rapprochement produit automatiquement par un PGI.

L’UE9 est-elle difficile ?

C’est l’une des unités les plus accessibles du diplôme, avec environ deux tiers de candidats certifiés à la session 2024. Sa difficulté n’est pas conceptuelle mais opératoire : le volume de questions et l’interdiction de la calculatrice exigent des automatismes acquis à l’entraînement, pas une compréhension théorique supplémentaire.

Les annales antérieures à la réforme sont-elles encore utiles ?

Oui. Elles relèvent du programme en vigueur lors de leur session, mais les opérations courantes, les travaux d’inventaire et les comptes annuels restent le cœur de l’épreuve. Il suffit d’écarter les quelques points sortis du programme — lettres de change papier, boni et mali sur emballages, taxes assises sur les salaires — et de compléter par les deux blocs nouveaux, profession comptable et évolution technologique.

Dans quel ordre préparer l’UE9 et l’UE10 ?

L’UE9 d’abord, sans hésitation. Elle installe les mécanismes que l’UE10 approfondit, et elle alimente aussi l’UE4 Droit fiscal. Aborder la comptabilité approfondie sans automatismes sur les écritures courantes revient à consommer en technique de base le temps nécessaire aux opérations complexes.

S’entraîner au-delà des annales

Quand les annales de l’UE9 sont épuisées, ou qu’une notion est tombée trop rarement pour qu’une annale la couvre, les sujets types corrigés de l’UE9 prennent le relais : des sujets inédits écrits au format de l’épreuve, avec leur corrigé rédigé et deux PDF imprimables, énoncé d’un côté, corrigé de l’autre.

Voir aussi (même matière) : BTS CG E5 Étude de cas