DCG UE10 — Comptabilité approfondie

L’épreuve, le programme et la méthode.

En bref : l’UE10 Comptabilité approfondie est une épreuve écrite de 3 heures, de coefficient 1, qui vaut 14 crédits ECTS. Elle prolonge l’UE9 sur les opérations que la comptabilité de base n’aborde pas : actifs complexes, passifs inhabituels, rattachement des charges et des produits, cohérence des états financiers. La liste des comptes du plan comptable général est fournie et la calculatrice en mode examen est autorisée. Le programme applicable à partir de la session 2027 représente 170 heures, dont 110 pour le seul traitement de l’actif et du passif.

L’épreuve

  • Nature Écrit
  • Durée 3 h
  • Coefficient 1
  • ECTS 14

Le bulletin officiel la définit comme une épreuve écrite portant sur l’étude d’une ou de plusieurs situations pratiques, accompagnées le cas échéant de questions — même formulation que l’UE6. En pratique, le sujet prend la forme de dossiers indépendants adossés à une base documentaire, avec des annexes à compléter et à rendre avec la copie.

Deux conditions matérielles distinguent l’UE10 de l’UE9. La liste des comptes du plan comptable général est autorisée, à l’exclusion de toute autre information — comme en UE9. Mais la calculatrice en mode examen est admise, alors que l’UE9 interdit tout matériel. C’est une nuance à connaître : les deux unités se ressemblent par leur objet, pas par leurs conditions d’épreuve. En UE10, les montants peuvent donc comporter des décimales et les calculs d’actualisation ou de change ne sont pas bridés.

L’épreuve suppose par ailleurs des savoirs venus d’autres unités, notamment juridiques. Le guide pédagogique est formel sur ce point : lorsque le traitement comptable dépend d’une règle de droit, cette règle est fournie au candidat. Il n’est donc pas demandé de connaître le droit des sociétés, mais de savoir en tirer les conséquences comptables.

Le programme applicable à la session 2027

Le programme représente 170 heures, réparties en six compétences. Les parties 2 à 5 suivent la structure du recueil des normes comptables, sans préjuger de l’ordre dans lequel elles sont enseignées.

Partie Heures Part du programme
1. Positionner le PCG dans le contexte évolutif de la normalisation internationale 10 h 6 %
2. Assurer le traitement comptable des transactions relatives à l’actif 70 h 41 %
3. Assurer le traitement comptable des transactions inhabituelles ou complexes relatives au passif 40 h 24 %
4. Assurer le traitement comptable des transactions spécifiques relatives au rattachement des charges et des produits 30 h 18 %
5. Participer à la production et au contrôle de la cohérence globale des états financiers 10 h 6 %
6. Appliquer les spécificités comptables du secteur non lucratif 10 h 6 %

Les volumes désignent sans ambiguïté le centre de gravité de l’épreuve : l’actif et le passif représentent à eux seuls 110 des 170 heures, soit près des deux tiers du programme. Le détail des sous-parties resserre encore la cible.

  • Actif (70 h) — principes généraux relatifs aux actifs (5 h), immobilisations corporelles et incorporelles (40 h), stocks (10 h), actifs financiers (15 h). À elles seules, les immobilisations pèsent près d’un quart du programme : coût d’entrée, composants, amortissements, dépréciations, cessions et régularisations de TVA associées.
  • Passif (40 h) — capitaux propres (20 h) et passifs externes (20 h) à parts égales : affectation du résultat, variations de capital, provisions, engagements donnés et reçus.
  • Rattachement des charges et des produits (30 h) — les opérations que l’UE9 n’aborde pas : contrats à long terme et pourcentage d’avancement, opérations en monnaie étrangère et écarts de conversion, abonnement des charges et des produits.
  • États financiers (10 h) — l’annexe fait l’objet d’une partie propre, plus encadrée qu’auparavant, et le candidat doit savoir contrôler la cohérence d’ensemble des comptes.
  • Secteur non lucratif (10 h) — le règlement ANC 2018-06 applicable aux associations et fondations : nomenclature des comptes, traitement des dons, fonds dédiés.

Ce que le programme ne demande pas

Le guide pédagogique borne explicitement le périmètre, et la précision est précieuse dans une unité réputée sans fond. Sa formule est nette : seuls les cas spécifiques mentionnés dans le référentiel doivent être étudiés et maîtrisés. L’approfondissement ne signifie pas l’exhaustivité.

  • Les biens acquis par voie d’échange ou à titre gratuit ne sont pas abordés.
  • Sont exclues les immobilisations et les stocks acquis en monnaie étrangère ou pour un prix global.
  • Les aspects fiscaux relatifs à la déductibilité des dépréciations ne sont pas traités : la question reste comptable.
  • Les écarts de conversion sur créances douteuses, sur avances et sur acomptes ne sont pas étudiés.
  • La présentation de l’IASB et de l’ANC porte sur leurs rôles principaux, sans détailler leur fonctionnement.
  • Seules les règles applicables aux grandes entreprises sont étudiées. Si un sujet met en scène une petite entreprise, les règles spécifiques sont fournies au candidat.

Ce qui change à la session 2027

Le DCG est réformé par l’arrêté du 4 août 2025, publié au bulletin officiel de l’enseignement supérieur du 28 août 2025. Les nouveaux programmes sont enseignés depuis la rentrée de septembre 2026 et les premières épreuves alignées sur eux ont lieu à la session 2027. Les sessions jusqu’à 2026 incluse relèvent du programme de 2019.

Ce qui ne change pas

Les modalités sont identiques : 3 heures, coefficient 1, 14 crédits ECTS, liste des comptes du plan comptable général autorisée. L’objet de l’unité non plus : approfondir les traitements comptables au-delà des mécanismes de base acquis en UE9, et développer le jugement professionnel là où il existe un choix.

Ce qui change

Le guide pédagogique liste six évolutions du référentiel.

  • La compétence de contrôle apparaît tout au long du référentiel : il ne s’agit plus seulement de comptabiliser, mais de vérifier ce qui a été comptabilisé. C’est l’orientation générale de la réforme du DCG, vers la qualité de l’information financière.
  • L’étude des professions comptables bascule en UE9 : les statuts, les missions, les responsabilités et la déontologie sont désormais abordés dès la première unité comptable, et non plus ici.
  • Les points trop spécifiques ont été supprimés, parce que peu fréquents dans la réalité des entreprises et des cabinets — l’amortissement du capital ou les immobilisations acquises par voie d’échange, par exemple.
  • Le cloisonnement avec les autres unités est plus marqué, notamment avec le droit fiscal, le droit des sociétés, la finance et le contrôle de gestion. En contrepartie, l’UE10 accueille une partie des notions de TVA qui quittent l’UE9, dont les régularisations sur immobilisations.
  • Une partie du référentiel est spécifique à l’annexe, et son contenu est plus encadré qu’auparavant.
  • L’initiation à la comptabilité publique disparaît.

Le sujet zéro, dossier par dossier

Un sujet zéro accompagné de ses éléments de corrigé a été publié pour cette UE dans le guide pédagogique du DCG. Le ministère précise qu’il s’agit d’un exemple destiné à illustrer la manière dont les compétences peuvent être évaluées, et non d’un gabarit prescriptif pour les sessions futures.

Le sujet compte 12 pages et se présente sous la forme de trois dossiers indépendants, appuyés sur huit documents et une annexe à rendre avec la copie. Fait notable : aucun barème par dossier n’y est affiché, contrairement aux sujets zéro d’UE6 et d’UE11. Le contexte est celui d’une société de fabrication d’aliments pour animaux, complété par une association.

Dossier Ce qui est demandé
1. Actifs Évaluer le coût d’entrée d’un véhicule de tourisme, comptabiliser les écritures liées à sa cession, analyser une situation décrite en annexe pour en déduire le traitement comptable d’une machine, citer les méthodes de valorisation des stocks de biens interchangeables autorisées par le PCG et identifier celle retenue, contrôler des écritures déjà enregistrées et indiquer leur incidence sur les documents de synthèse.
2. Passifs Présenter le tableau d’affectation du résultat et justifier la date d’enregistrement de l’écriture, compléter un tableau de variation des capitaux propres, qualifier une situation pour justifier et évaluer une provision, justifier le classement d’une opération au compte de résultat, comptabiliser une facture libellée en devise, vérifier le traitement d’une commande reçue.
3. Association Indiquer le ou les référentiels comptables applicables à l’association, exposer le traitement des différents dons reçus, comptabiliser les écritures correspondantes à partir d’extraits du règlement ANC 2018-06 fournis en annexe.

Deux traits sautent aux yeux. Les verbes d’action ne se limitent pas à « comptabiliser » : analyser, contrôler, qualifier, justifier, vérifier reviennent au moins aussi souvent — c’est la compétence de contrôle inscrite dans le nouveau référentiel. Et le dossier consacré au secteur non lucratif fournit les textes : ce qui est évalué n’est pas la mémorisation du règlement ANC, mais la capacité à l’appliquer.

Où se jouent les points

Le périmètre est délimité, et c’est une bonne nouvelle. Inutile de se perdre dans des montages que l’épreuve n’attend pas : la liste des exclusions ci-dessus est plus rentable à connaître que dix cas exotiques.

L’UE9 est un prérequis réel, pas formel. Cette unité suppose acquis les mécanismes de base : sans automatisme sur les écritures courantes et les travaux d’inventaire, le temps manque pour traiter ce qui fait la spécificité de l’UE10. Un candidat qui hésite encore sur une écriture de dotation n’aura pas les minutes nécessaires pour discuter d’un contrat à long terme.

La justification compte autant que le résultat. Sur des opérations inhabituelles, un correcteur attend que le candidat explicite la règle appliquée et la démarche suivie, pas seulement l’écriture finale. Les éléments de corrigé officiels reprennent d’ailleurs les critères de définition d’un actif ou les conditions d’activation avant de dérouler le moindre montant.

Les immobilisations sont le meilleur investissement de révision. Avec 40 heures de programme, elles reviennent dans presque tous les sujets — coût d’entrée, décomposition par composants, amortissements, dépréciations, cessions — et leurs mécanismes se transposent d’un cas à l’autre.

Questions fréquentes

La calculatrice est-elle autorisée en UE10 ?

Oui, en mode examen. C’est une différence avec l’UE9 Comptabilité, où tout matériel est interdit et où l’usage d’une calculatrice constituerait une fraude. Les deux unités partagent en revanche le même document autorisé : la liste des comptes du plan comptable général, à l’exclusion de toute autre information.

Quelle est la différence entre l’UE9 et l’UE10 ?

L’UE9 installe les mécanismes : opérations courantes, travaux d’inventaire, établissement des comptes annuels. L’UE10 traite les opérations que ces mécanismes ne suffisent pas à résoudre — actifs complexes, provisions et engagements, contrats à long terme, opérations en devises, comptes des associations — et y ajoute une exigence de contrôle et de justification. L’une prépare l’autre : réviser l’UE9 tôt rentabilise directement l’UE10.

Faut-il connaître les normes IFRS pour l’UE10 ?

Seulement dans leur principe. La partie 1 du programme demande de situer le plan comptable général dans le contexte de la normalisation internationale et d’identifier le rôle des normalisateurs. La présentation de l’IASB porte sur ses rôles principaux, sans entrer dans le détail de son fonctionnement.

Le sujet comporte-t-il un barème par dossier ?

Pas nécessairement. Le sujet zéro publié pour la session 2027 affiche trois dossiers indépendants sans barème apparent, là où ceux d’UE6 et d’UE11 chiffrent chaque dossier en points. Mieux vaut donc traiter les dossiers dans l’ordre de sa propre aisance, sans compter sur un barème affiché pour arbitrer le temps.

Le droit des sociétés est-il exigible à l’épreuve ?

Non. Certaines opérations mobilisent des savoirs juridiques, mais le guide pédagogique prévoit que les règles nécessaires soient fournies au candidat. Ce qui est évalué, c’est la traduction comptable de la règle, pas sa mémorisation.

Les annales des sessions antérieures restent-elles utiles ?

Oui. Elles relèvent du programme en vigueur lors de leur session, mais le traitement de l’actif et du passif, qui constitue les deux tiers de l’épreuve, reste largement transposable. Deux réserves : la partie sur la profession comptable et la déontologie a migré vers l’UE9, et quelques cas très spécifiques comme l’amortissement du capital ont été retirés.

S’entraîner au-delà des annales

Quand les annales de l’UE10 sont épuisées, ou qu’une notion est tombée trop rarement pour qu’une annale la couvre, les sujets types corrigés de l’UE10 prennent le relais : des sujets inédits écrits au format de l’épreuve — trois dossiers indépendants, trois heures, la liste des comptes du PCG pour seul document — avec leur corrigé rédigé et deux PDF imprimables, énoncé d’un côté, corrigé de l’autre. Comme le sujet zéro de l’UE10, ils n’affichent aucun barème : celui du corrigé est indicatif.

Voir aussi (même matière) : BTS CG E5 Étude de cas