DSCG UE4 — Comptabilité et audit

L’épreuve, le programme et la méthode.

En bref : l’UE4 Comptabilité et audit est une épreuve écrite de 4 heures, de coefficient 1,5, qui vaut 20 crédits ECTS. C’est la seule épreuve du DSCG où un document est autorisé — la liste des comptes du plan comptable général — et l’une des deux dont aucune dispense ne peut être accordée, quel que soit le diplôme d’origine. Le programme applicable à compter de la session 2027 représente 180 heures en trois blocs au lieu de quatre : restructurations 25 h, reporting financier des groupes en normes françaises et IFRS 80 h, audit 75 h — désormais étendu à l’audit de durabilité. Le sujet zéro comporte trois dossiers barémés 45, 25 et 30, soit un total sur 100.

L’épreuve

  • Nature Écrit
  • Durée 4 h
  • Coefficient 1,5
  • ECTS 20

L’arrêté du 4 août 2025 la définit comme une épreuve écrite portant sur l’étude d’un cas ou de situations pratiques, pouvant être accompagnées de commentaires de documents ou de questions.

La calculatrice est autorisée — mode examen actif ou modèle sans mémoire de type collège — et, fait unique dans le diplôme, un document l’est aussi : la liste des comptes du plan comptable général, « à l’exclusion de toute autre information ». Aucune autre épreuve du DSCG n’accorde de document. La comparaison avec le DCG mérite d’être faite dans le bon sens : l’UE9 et l’UE10, prérequis de celle-ci, fournissent aussi le PCG, mais l’UE9 interdit en outre toute calculatrice. En UE4, on a la machine et la liste des comptes.

Deux règles de l’arrêté concernent particulièrement cette UE. L’article 5 interdit toute dispense pour l’UE1 et l’UE4 : un titulaire de master CCA dispensé de plusieurs épreuves reste tenu de composer ici. Et l’article 9 impose une double correction avec harmonisation des notes entre les deux correcteurs, pour tous les écrits des deux diplômes.

Le programme applicable à la session 2027

Le programme représente 180 heures, réorganisées en trois blocs au lieu de quatre : l’ancien thème des normes internationales a été fondu dans le reporting financier, de manière à traiter les référentiels français et IFRS en parallèle plutôt que successivement.

Bloc Heures Sous-parties
1. Opérations de restructuration 25 h Cadre économique, comptable et fiscal 4 h · impacts financier, comptable et fiscal 6 h · enregistrement comptable 12 h · impacts sur les documents de synthèse 3 h
2. Reporting financier des groupes en normes françaises et IFRS 80 h Principes de consolidation 10 h · processus d’élaboration des comptes de groupe 60 h · documents de synthèse des groupes 10 h
3. Audit 75 h Cadre légal et institutionnel 20 h · mission de certification des états financiers 30 h · cadre conceptuel du reporting de durabilité 15 h · démarche générale d’audit de durabilité 10 h

La hiérarchie est sans ambiguïté : le processus d’élaboration des comptes de groupe pèse 60 heures à lui seul, un tiers du programme. Puis vient l’audit, à 75 heures pour l’ensemble du bloc. Les restructurations, souvent redoutées, ne représentent que 25 heures — dont 12 pour le seul enregistrement comptable.

Le programme annonce une orientation générale qu’il faut prendre au sérieux avant de réviser : il s’agit « de maîtriser les grands principes de restructuration, de consolidation et d’audit plutôt que d’être en mesure de déployer une approche purement technique de points ou situations complexes ». Le guide pédagogique le confirme en critiquant l’ancien programme, « qui tendait parfois à privilégier des approches parfois très techniques et peu représentatives des situations rencontrées en pratique ».

Les prérequis sont nommés : les UE9 et UE10 du DCG. Écritures courantes et d’inventaire, établissement des états financiers, analyse des choix de comptabilisation à l’actif et au passif, et capacité à s’appuyer sur une documentation pertinente pour justifier un traitement. Le programme ajoute que le candidat doit disposer d’une « vision générale (et non détaillée) des métiers de l’expertise comptable et de l’audit ».

Ce que le programme ne demande pas

C’est ici que l’UE4 se distingue : ses exclusions sont explicites, nombreuses, et écrites noir sur blanc dans la colonne « limites de connaissances » du programme. Les connaître change un plan de révision.

Restructurations

  • Sont exclus les aspects juridiques — calendrier, contenu du projet de fusion, commissariat à la fusion — et sociaux : ils relèvent de l’UE1. En revanche, les régimes fiscaux (droit commun et faveur) restent exigés.
  • Sont exclues les opérations sans échange de titres.
  • Est exclue l’évaluation des valeurs relatives des sociétés participantes : elles sont fournies. Le candidat doit en revanche apprécier si le prix proposé (parité et soulte) est équitable.
  • Sont exclus les participations croisées et les fusions-allotissements.

Consolidation

  • Sont exclus les comptes combinés et les normes US GAAP.
  • Sont exclues les participations circulaires et croisées.
  • Seule l’approche directe est exigée : l’approche par paliers est exclue.
  • Sont exclus les scénarios où le taux d’impôt sur les sociétés fluctue.
  • Les retraitements exigés sont limitativement énumérés — locations, coûts d’emprunt et de développement, engagements de retraite, provisions réglementées, contrats à long terme pour la reconnaissance des produits — et « sont exclus tous les autres retraitements communs ».
  • Est exclue la conversion de comptes établis dans des pays en hyperinflation.
  • Sur l’écart d’acquisition et le goodwill : sont exclus les impacts des variations de périmètre, la méthode de mise en commun d’intérêts, le délai d’affectation et les calculs liés aux tests de dépréciation.
  • Pour les instruments financiers, définition, classification et méthodes de valorisation sont exigées, mais les calculs financiers sont exclus.

Audit

  • Est exclue la connaissance détaillée de chacune des NEP : ce qui est attendu, c’est la compréhension du corpus normatif et la capacité à analyser puis mettre en œuvre une norme d’exercice professionnel.
  • Sont exclus le rapport complémentaire au comité d’audit des entités d’intérêt public et le rapport spécial. Les opinions, elles, sont exigées : certification, certification avec réserves, refus de certifier, impossibilité de certifier.
  • Côté durabilité, sont exclus les cadres ODD et les réglementations européennes plus générales, dont la CSRD et la taxonomie, ainsi que le pilotage de la durabilité — qui relève de l’UE3. Restent exigés l’ISSB (IFRS-S), l’EFRAG (ESRS), le GRI, la TCFD et l’interopérabilité des normes.

Ce qui change à la session 2027

Ce qui ne change pas

La durée, le coefficient, les crédits, la nature de l’épreuve, le document autorisé. Le cœur technique non plus : consolidation et fusions restent la matière première, et représentent toujours plus de la moitié du programme.

Ce qui change

Trois blocs au lieu de quatre, avec la fusion du thème « normes internationales » dans le reporting financier des groupes : les référentiels français et IFRS sont désormais vus en parallèle, l’approche restant « d’abord centrée sur la réglementation française » avant l’étude des différences de traitement.

Le bloc audit est renforcé et étendu à l’audit de durabilité — 15 heures pour le cadre conceptuel du reporting de durabilité, 10 heures pour l’adaptation de la démarche d’audit. C’est la nouveauté la plus lourde de l’UE, et elle n’a aucune annale.

Enfin le niveau d’exigence est déplacé : moins de technique de pointe, davantage de jugement professionnel et de conseil. Le guide écrit que le candidat doit « mobiliser ces ressources pour exercer un jugement professionnel et proposer des solutions pertinentes — sous forme de conseils ou d’expertise ».

Le sujet zéro, dossier par dossier

Le guide pédagogique publie un sujet zéro d’UE4 avec ses éléments de corrigé : douze pages, onze annexes, trois dossiers barémés 45, 25 et 30 points, soit un total sur 100. Précision utile portée sur la page de garde : « le sujet et son corrigé ont été construits sur la base d’une réglementation au 31.12.2025 ». Le cas suit le groupe VLV.

Dossier 1 — Comptes de groupe (45 points). À partir de l’organigramme du groupe, présenter le périmètre de consolidation sous forme de tableau synthétique, avec pour chaque société la nature du contrôle et les pourcentages de contrôle et d’intérêt, puis les méthodes applicables, les retraitements et les écarts d’acquisition. C’est le dossier le plus lourd du sujet, et c’est cohérent : la consolidation est le premier tiers du programme.

Dossier 2 — Opérations de restructuration (25 points). Une société détenue à 90 % par sa mère absorbe une autre entité. Vérifier le rapport d’échange proposé et son caractère équitable, déterminer le nombre de titres à émettre, puis comptabiliser l’opération. Les valeurs relatives sont fournies en annexe — conformément à l’exclusion prévue par le programme.

Dossier 3 — Audit (30 points). Expliquer l’objectif principal d’une mission d’audit légal, justifier si la certification était obligatoire pour l’entité étudiée, puis, sur le cycle ventes-clients : identifier deux risques d’anomalies significatives, les analyser au regard des assertions concernées, et en tirer les conséquences sur la démarche.

Ce sujet zéro dit deux choses. La première : le barème total est de 100 points, comme le sujet zéro d’UE3 est sur 20 et celui d’UE2 sur 50. Trois épreuves du même diplôme, trois totaux différents — un barème d’annale ne se lit jamais comme une note sur 20 sans conversion. La seconde : l’audit vaut 30 points sur 100 alors qu’il représente 75 heures sur 180. Un candidat qui néglige l’audit pour se concentrer sur la consolidation ne fait pas un mauvais calcul de rendement — mais il joue sur un sujet zéro dont le ministère précise qu’il « n’a pas vocation à être modélisant ».

Où se jouent les points

L’UE4 est la plus technique des trois épreuves chiffrées, et c’est précisément pour ça que les exclusions du programme y valent de l’or. Trois exemples de temps récupérable : ne pas réviser l’approche par paliers, ne pas réviser les tests de dépréciation, ne pas apprendre les NEP une par une. Ces trois renoncements sont autorisés par le texte.

Trois leviers, ensuite. Le périmètre avant les écritures : sur le sujet zéro, le premier travail demandé est un tableau de périmètre avec nature du contrôle et pourcentages — une erreur à ce stade se propage dans tout le dossier, et c’est le point d’entrée le plus rentable de l’épreuve. La justification documentaire : le programme demande de « comprendre et exploiter des documentations professionnelles, juridiques et normatives pour asseoir des choix d’analyse » ; citer le fondement d’un traitement fait partie de la réponse. Le conseil : les compétences visées incluent la restitution « sous forme de conseils prodigués à un dirigeant ». Une écriture juste sans phrase d’explication ne récolte pas tous les points.

Un dernier réflexe, matériel : la liste des comptes du PCG est autorisée. La connaître de mémoire n’apporte rien — mais avoir l’habitude de la consulter vite, oui.

Questions fréquentes

Quels documents peut-on emporter à l’épreuve d’UE4 ?

La liste des comptes du plan comptable général, « à l’exclusion de toute autre information ». C’est le seul document autorisé de tout le DSCG.

La calculatrice est-elle autorisée en UE4 ?

Oui : mode examen actif, ou calculatrice sans mémoire de type collège. Tout autre matériel ou document est interdit.

Peut-on être dispensé de l’UE4 ?

Non, jamais. L’article 5 de l’arrêté du 4 août 2025 est explicite : « aucune dispense ne peut être accordée pour les épreuves de Gestion juridique, fiscale et sociale (UE1) et de Comptabilité et audit (UE 4) du DSCG ».

L’approche par paliers est-elle au programme ?

Non. Le programme est explicite : « est incluse l’approche directe, est exclue l’approche par paliers ». Les participations circulaires et croisées sont également hors programme.

Faut-il connaître les normes IFRS par cœur ?

Non, et l’orientation du programme va dans l’autre sens : il s’agit de maîtriser les grands principes, avec les référentiels français et IFRS traités en parallèle, l’approche étant d’abord centrée sur la réglementation française puis sur les différences de traitement.

Qu’est-ce que l’audit de durabilité, et pèse-t-il lourd ?

C’est la nouveauté du bloc 3 : 15 heures pour le cadre conceptuel du reporting de durabilité et 10 heures pour l’adaptation de la démarche d’audit, soit 25 heures sur 180. Sont exigés l’ISSB, l’EFRAG et ses ESRS, le GRI, la TCFD et l’interopérabilité des normes ; sont exclus les cadres ODD, la CSRD et la taxonomie européenne prises en général.

Combien de dossiers comporte le sujet ?

Le sujet zéro en comporte trois — comptes de groupe, restructurations, audit — barémés 45, 25 et 30 points sur douze pages. Le ministère rappelle que les sujets zéro n’ont pas vocation à être modélisants.

Les annales des sessions précédentes servent-elles encore ?

Oui pour la consolidation et les fusions, qui restent le cœur du programme. Elles sont à filtrer sur les points explicitement exclus — approche par paliers, tests de dépréciation, comptes combinés, hyperinflation — et à compléter sur l’audit de durabilité, qui n’existait pas.

Quelle est la partie la plus lourde du programme ?

Le processus d’élaboration des comptes de groupe : 60 heures à lui seul, sur 180. Puis le bloc audit dans son ensemble, à 75 heures.

S’entraîner au-delà des annales

Le sujet zéro et ses éléments de corrigé sont les seuls documents officiels alignés sur le programme 2027 : ils se travaillent en quatre heures, chronomètre en main, avec la seule liste des comptes du PCG à portée de main. Côté prérequis, les sujets types corrigés de l’UE10 Comptabilité approfondie et de l’UE9 Comptabilité du DCG remettent en place ce que l’UE4 suppose acquis — écritures d’inventaire, choix de comptabilisation à l’actif et au passif, états financiers — avec un corrigé rédigé et deux PDF imprimables.