DSCG UE3 — Contrôle de gestion et stratégie

L’épreuve, le programme et la méthode. Anciennement « Management et contrôle de gestion ».

En bref : l’UE3 est une épreuve écrite de 4 heures, de coefficient 1,5, qui vaut 20 crédits ECTS — l’une des trois plus lourdes du DSCG. Elle a changé de nom à la session 2027 : « Management et contrôle de gestion » est devenue « Contrôle de gestion et stratégie », et le guide pédagogique précise que « cette nouvelle dénomination n’est pas cosmétique ». Le programme représente 180 heures en trois parties calées sur la boucle du pilotage stratégique, et prolonge les UE7 et UE11 du DCG. Aucun document n’est autorisé, la calculatrice l’est. Le sujet zéro comporte deux dossiers barémés 12 et 8 points.

L’épreuve

  • Nature Écrit
  • Durée 4 h
  • Coefficient 1,5
  • ECTS 20

L’arrêté du 4 août 2025 la définit comme une épreuve écrite portant sur l’étude d’un cas ou de situations pratiques, pouvant être accompagnées de commentaires de documents ou de questions. Quatre heures, coefficient 1,5, 20 crédits : avec l’UE1 et l’UE4, c’est l’une des trois épreuves à plus fort poids du diplôme.

Aucun document n’est autorisé, mais la calculatrice l’est — mode examen actif, ou modèle sans mémoire de type collège. C’est indispensable : le sujet zéro demande un budget de trésorerie complet, un compte de résultat et un bilan prévisionnels.

Le format se reconnaît à une exigence répétée à chaque sous-partie du programme : « produire une synthèse rédigée et structurée ». L’UE3 n’est pas une épreuve de calcul suivie d’un commentaire — c’est une épreuve où le calcul sert un avis argumenté, et où l’avis non argumenté ne vaut rien.

Le changement de nom, et ce qu’il implique

C’est le point qu’il faut comprendre avant tout le reste, parce qu’il conditionne l’usage des annales. L’UE3 s’appelait « Management et contrôle de gestion » jusqu’à la session 2026 incluse. Elle s’appelle « Contrôle de gestion et stratégie » depuis l’arrêté du 4 août 2025.

Le guide pédagogique explique pourquoi, et le passage vaut d’être cité : « Cette transformation profonde de l’UE 3 a impliqué le changement de son nom. […] Cette nouvelle dénomination n’est pas cosmétique. En positionnant le contrôle de gestion en premier, elle en souligne le poids. De plus, la stratégie vient remplacer le management. »

Le motif de la refonte est tout aussi explicite. L’ancien programme souffrait de « redondances importantes » avec deux épreuves du DCG — l’UE7 Management et l’UE11 Contrôle de gestion —, d’une « absence de ligne directrice claire » et d’une « juxtaposition du management et du contrôle de gestion ». Le nouveau programme y répond en apportant des connaissances absentes du DCG, en exigeant des niveaux de compétence supérieurs (niveaux 4, 5 et 6 de la taxonomie de Bloom : concevoir, interpréter, adapter, analyser, évaluer) et en intégrant « une véritable logique transdisciplinaire ».

Conséquence pratique : toutes les annales disponibles sont archivées sous l’ancien intitulé. Une recherche sur « annales DSCG contrôle de gestion et stratégie » ne remonte rien d’antérieur à 2027 ; il faut chercher « DSCG UE3 management et contrôle de gestion ». Et sur le fond, l’UE3 est celle des trois épreuves chiffrées dont les anciens sujets se transposent le moins bien.

Le programme applicable à la session 2027

Le programme représente 180 heures, organisées « en fonction de la boucle de pilotage stratégique » : définir la stratégie, la déployer, la piloter. Chaque étape combine contrôle de gestion et stratégie — c’est la ligne directrice qui manquait à l’ancien programme.

Partie Heures
1. Contribuer à la définition des choix stratégiques et organisationnels au prisme du contrôle de gestion 60 h
2. Favoriser le déploiement de la stratégie grâce à des outils de contrôle de gestion 80 h
3. Concevoir et exploiter des outils de pilotage de la stratégie 40 h

Le déploiement pèse à lui seul 80 heures sur 180. Voici le détail, avec les volumes indicatifs :

  • Partie 1 — diagnostics stratégiques 10 h · choix stratégiques 15 h · création et partage de la valeur 15 h · l’organisation et ses frontières 20 h. On y trouve les outils de diagnostic complétés par l’analyse des coûts, les stratégies globales et génériques (Ansoff, Porter, Faulkner et Bowman), le Business Model Canvas « à construire et interpréter » en y intégrant structure de coûts et flux de revenus, les configurations structurelles de Mintzberg, la théorie des coûts de transaction, les politiques de gestion du périmètre de consolidation et les prix de transfert.
  • Partie 2 — pilotage des processus de production 10 h · pilotage des projets 20 h · processus support 10 h · accompagnement du changement 10 h · gestion des risques 10 h · contrôle de gestion et ressources humaines 20 h. Côté production : en-cours, produits conjoints, sous-produits, déchets et externalités négatives, coûts cibles, analyse de la valeur, goulots d’étranglement, yield management, approche marginale, coûts pertinents et sunk costs. Côté projet : plan de financement, triptyque qualité-coûts-délais, diagramme de Gantt avec chemin critique, courbe en S et suivi budgétaire (coût budgété du travail prévu, coût réel du travail effectué, coût budgété du travail effectué). Côté social : écarts détaillés sur masse salariale, effets niveau, masse et report, effet de Noria, tableaux de bord sociaux, GEPP.
  • Partie 3 — pilotage stratégique et gestion prévisionnelle 20 h · pilotage de la durabilité 10 h · performance globale 10 h. Budgets opérationnels et financiers, budget de trésorerie et états financiers prévisionnels, contrôle budgétaire et analyse d’écarts, matrice de double matérialité, bilan carbone, indicateurs ESG, facteurs clés de succès et Balanced Scorecard.

Les prérequis sont nommés : « la maîtrise des programmes des UE 7 et UE 11 du DCG constitue un prérequis ». Le programme précise que ces contenus y sont « approfondis, complétés et exploités à un niveau supérieur de compétences […] dans des contextes ou situations complexes ». Traduction : le calcul d’écarts vu en DCG ne suffit pas, il faut savoir le concevoir sur une situation qu’on n’a jamais vue.

Un point de périmètre à connaître : tous les types d’organisation sont étudiables — secteurs primaire, secondaire et tertiaire, public et privé, associations et fondations, de la TPE à la grande entreprise. Le programme le précise, et le sujet zéro le confirme en prenant pour terrain un studio de yoga.

Ce que le programme ne demande pas

Les limites de l’UE3 sont moins nombreuses que celles de l’UE4, mais deux méritent d’être connues.

  • Sur la gestion des risques, le programme couvre la cartographie, la criticité, le contrôle interne et les principes du COSO, ainsi que les formes d’audit — mais « il ne s’agit pas ici d’un enseignement sur la méthodologie de l’audit ». La méthodologie d’audit relève de l’UE4.
  • Sur la durabilité, l’UE3 traite les outils — matrice de double matérialité, bilan carbone, indicateurs ESG — mais « l’architecture des normes est présentée dans l’UE 4 du DSCG ». Réviser les référentiels ESRS, ISSB et GRI pour l’UE3 est du temps mal placé.
  • Le pilotage des processus de production « ne se limite pas aux processus industriels » : il peut porter sur des processus artisanaux, agricoles ou de service. Ce n’est pas une exclusion, c’est un élargissement — et il interdit de réviser uniquement sur des cas d’usine.

Ce qui change à la session 2027

Ce qui ne change pas

La durée, le coefficient, les crédits, la nature de l’épreuve. Le socle technique du contrôle de gestion non plus : coûts, budgets, écarts, tableaux de bord restent la matière première, et les outils de diagnostic stratégique vus en DCG sont « mobilisés et complétés », pas remplacés.

Ce qui change

Le nom, d’abord, et l’ordre des mots qu’il porte. Ensuite la ligne directrice : le programme ne juxtapose plus deux matières, il suit une boucle de pilotage. Enfin des contenus qui n’existaient ni en DCG ni dans l’ancien programme, que le guide énumère : prix de transfert, contrôle de gestion des projets, durabilité, en-cours de production, calcul des effets relatifs à la masse salariale.

Le contrôle de gestion des projets, à 20 heures, est la nouveauté la plus lourde : Gantt à construire à partir de données brutes, chemin critique, courbe en S, écarts sur avancement. Aucune annale antérieure ne la couvre.

Le sujet zéro, dossier par dossier

Le guide pédagogique publie un sujet zéro d’UE3 avec ses éléments de corrigé. Dix pages, sept annexes, deux dossiers barémés 12 et 8 points — le seul des trois sujets zéro chiffrés à être noté sur 20. Le cas : Yoga Zen, un studio de yoga qui refond sa tarification.

Dossier 1 — Le déploiement de la nouvelle tarification (12 points). Analyser la situation interne et externe « en mobilisant l’outil de diagnostic stratégique approprié » — le sujet ne dit pas lequel, c’est au candidat de choisir. Puis construire le budget de trésorerie d’un semestre ainsi que le compte de résultat et le bilan prévisionnels simplifiés. Puis produire une synthèse écrite reliant le diagnostic et les résultats.

Dossier 2 — La transformation des formules annuelles (8 points). Catégoriser et analyser les choix stratégiques de la dirigeante. Calculer, pour chacune des trois formules, la mensualité théorique qui ne dégraderait pas le chiffre d’affaires prévisionnel. Déterminer l’effet du passage à l’abonnement mensuel sur le résultat de quatre mois. Analyser les conséquences financières d’un engagement de quatre semaines. Analyser les conséquences sur le business model, identifier les parties prenantes bénéficiaires du partage de la valeur, et conclure par des préconisations.

Ce sujet zéro dit trois choses sur l’épreuve. Le diagnostic stratégique n’est pas fléché : choisir l’outil fait partie de la question. Le chiffrage est classique mais complet : un budget de trésorerie et deux états prévisionnels en un dossier, c’est un volume de travail de DCG exécuté à un rythme de DSCG. Et la synthèse rédigée est une question à part entière, notée comme telle, deux fois sur deux dossiers.

Rappel du ministère : les sujets zéro « n’ont pas vocation à être modélisants ». Deux dossiers est un indice, pas une règle — l’UE3 a d’ailleurs le format le plus resserré des trois épreuves chiffrées.

Où se jouent les points

Le programme répète la même compétence à chaque sous-partie : produire une synthèse rédigée et structurée. Sur les deux dossiers du sujet zéro, la dernière question est à chaque fois une synthèse ou une préconisation. Un candidat qui livre des calculs justes sans conclusion écrite laisse partir les points les plus faciles de l’épreuve, parce qu’ils ne dépendent pas de la réussite des calculs.

Trois autres leviers, dans l’ordre du rendement. Justifier le choix de l’outil : le sujet demande « l’outil approprié », donc une phrase de justification avant l’application. Relier : le programme insiste sur les liens — les choix stratégiques influencent l’organisation du contrôle de gestion, et les outils de contrôle éclairent en retour les choix. Une copie qui traite les deux moitiés séparément retombe dans le défaut que la réforme voulait corriger. Adapter au contexte : les compétences visées sont « concevoir », « adapter », « évaluer » — appliquer une méthode standard à un contexte de service ou d’association sans l’ajuster ne suffit pas.

Questions fréquentes

L’UE3 s’appelle-t-elle encore « Management et contrôle de gestion » ?

Non, plus depuis la session 2027 : l’arrêté du 4 août 2025 l’intitule « Contrôle de gestion et stratégie ». L’ancien nom reste utile pour retrouver les annales, qui sont toutes archivées sous lui.

La calculatrice est-elle autorisée en UE3 ?

Oui : mode examen actif, ou calculatrice sans mémoire de type collège. Aucun document n’est autorisé.

Le management a-t-il disparu du programme ?

Il est recentré sur la stratégie, pas supprimé : structures de Mintzberg, accompagnement du changement, apprentissage organisationnel et parties prenantes restent au programme. Ce qui disparaît, c’est la redondance avec l’UE7 du DCG, qui traite désormais principalement les niveaux opérationnel et organisationnel.

Quel est le coefficient de l’UE3 ?

1,5 pour 20 crédits ECTS, sur un total de 8,5 coefficients au diplôme — au même niveau que l’UE1 et l’UE4, et une fois et demie l’UE2.

Les annales de l’ancienne UE3 sont-elles encore utilisables ?

En partie seulement. Le socle — diagnostic stratégique, coûts, budgets, écarts, tableaux de bord — reste valable. Mais le contrôle de gestion des projets, les prix de transfert, le pilotage de la durabilité et les effets sur masse salariale sont nouveaux, et l’articulation d’ensemble a changé. C’est, des trois épreuves chiffrées, celle dont les anciens sujets se transposent le moins bien.

Faut-il connaître les normes de durabilité pour l’UE3 ?

Il faut savoir construire une matrice de double matérialité, un bilan carbone et des indicateurs ESG. L’architecture des normes, elle, est enseignée en UE4 : le programme d’UE3 le renvoie explicitement.

Combien de dossiers comporte le sujet ?

Le sujet zéro en comporte deux, barémés 12 et 8 points sur dix pages. C’est le sujet zéro le plus resserré des trois épreuves chiffrées — et le seul noté sur 20.

Quel outil de diagnostic stratégique réviser en priorité ?

Ceux du diagnostic externe et interne vus en DCG, complétés par l’analyse des groupes stratégiques, les outils d’analyse combinée dont la matrice BCG, et surtout le Business Model Canvas, que le programme demande de « construire et interpréter » en y intégrant la structure de coûts et les flux de revenus.

S’entraîner au-delà des annales

Le sujet zéro et ses éléments de corrigé sont les seuls documents officiels alignés sur le programme 2027 : ils se travaillent en quatre heures, chronomètre en main. Côté prérequis, les sujets types corrigés de l’UE11 du DCG remettent en place le socle que l’UE3 suppose acquis — coûts, budgets, écarts, tableaux de bord — avec un corrigé rédigé et deux PDF imprimables.

Voir aussi (même matière) : DCG UE11 Contrôle de gestion