UE6 Finance d’entreprise — DCG : sujet type n° 1 corrigé

En bref : Sujet type inédit de DCG UE6 Finance d’entreprise, écrit au format du sujet zéro applicable à la session 2027 : quatre dossiers indépendants barémés 6, 6, 4 et 4 points — diagnostic financier, rentabilité d’un investissement, financement, budget de trésorerie. Le cas porte sur une menuiserie vosgienne dont le chiffre d’affaires progresse de 16,4 % pendant que la trésorerie bascule en découvert. Énoncé et corrigé détaillé, avec deux PDF imprimables.
  • Coefficient 1
  • Durée 3 h
  • Nature Écrit

Énoncé

La SAS LIGNARIS est une entreprise implantée à Épinal, dans les Vosges.

Elle est spécialisée dans la conception et fabrication de mobilier en bois massif pour les collectivités et les entreprises, avec une activité accessoire d’agencement et de rénovation. Ses clients sont presque tous des
professionnels : communes et intercommunalités pour l’aménagement d’écoles, de médiathèques
et de salles polyvalentes, mais aussi cabinets d’architectes et entreprises pour
l’agencement de bureaux.

L’entreprise a fait du bois issu de forêts gérées durablement la marque de son savoir-faire.
Ses approvisionnements sont certifiés et proviennent, pour l’essentiel, de scieries situées
à moins de deux cents kilomètres de l’atelier. Cette exigence a un coût : la hausse du prix
du bois certifié s’est accélérée sur le dernier exercice, et la SAS LIGNARIS a choisi de la
supporter plutôt que de renoncer à ses engagements.

Sur le plan social, l’entreprise forme chaque année des apprentis menuisiers et a engagé un
plan de réduction de la pénibilité des postes d’atelier. Elle publie depuis deux exercices
quelques indicateurs extra-financiers : part des approvisionnements certifiés, consommation
d’énergie de l’atelier, taux de fréquence des accidents du travail.

Madame Hélène VASSEUR, qui dirige l’entreprise, s’inquiète d’une situation qu’elle ne
s’explique pas : le carnet de commandes n’a jamais été aussi rempli, plusieurs marchés
publics ont été remportés, le chiffre d’affaires progresse nettement — et pourtant, la
trésorerie s’est dégradée au point que l’entreprise recourt désormais de façon permanente au
découvert bancaire.

Vous êtes stagiaire au cabinet BERTRAND ET ASSOCIÉS, chargé du dossier de la SAS LIGNARIS.
L’expert-comptable vous confie les quatre missions ci-après.

DOSSIER 1 – LE DIAGNOSTIC FINANCIER

Base documentaire : documents 1 à 4

Madame Hélène VASSEUR a constaté que le chiffre d’affaires de l’entreprise a progressé alors que
sa trésorerie s’est dégradée. Elle s’interroge sur les raisons de cette contradiction.

Votre mission consiste à établir un diagnostic financier de la SAS LIGNARIS afin d’analyser la
profitabilité et l’activité, l’équilibre financier et la trésorerie.

1.1 Présenter à Madame Hélène VASSEUR un point commun et une différence entre l’excédent brut
d’exploitation (EBE) et la capacité d’autofinancement (CAF).

1.2 Pour l’année 2026, retrouver le montant de l’excédent brut d’exploitation et calculer
la capacité d’autofinancement.

1.3 Rappeler à Madame Hélène VASSEUR l’intérêt du flux net de trésorerie généré par l’activité
en complément de la capacité d’autofinancement.

1.4 À l’aide de vos réponses aux questions précédentes ainsi que de l’ensemble des
documents, réaliser un diagnostic financier permettant à Madame Hélène VASSEUR d’analyser la
profitabilité et l’activité, l’équilibre financier et la trésorerie.

DOSSIER 2 – L’ANALYSE DE LA RENTABILITÉ D’UN INVESTISSEMENT

Base documentaire : documents 5 et 6

Madame Hélène VASSEUR envisage un investissement au début de l’année 2028 afin de préserver la
compétitivité de l’atelier. Deux projets sont à l’étude.

Le premier, présenté par la direction, porte sur le remplacement du parc de machines par un
centre d’usinage à commande numérique. Le second, proposé lors d’une réunion du comité social
et économique (CSE), consiste à installer une ligne de valorisation des chutes de bois : les
chutes, aujourd’hui évacuées en déchetterie professionnelle, seraient transformées en
panneaux de lamellé-collé et en combustible pour la chaufferie de l’atelier.

Votre mission consiste à conseiller Madame Hélène VASSEUR sur le choix d’investissement à
privilégier.

2.1 Commenter les résultats du document 5 en indiquant si l’investissement envisagé vous
semble rentable au vu des hypothèses émises.

2.2 Calculer les flux nets de trésorerie résultant du second projet pour les exercices
2028 à 2032.

2.3 Calculer la valeur actuelle nette du second projet en retenant un taux
d’actualisation de 9 %, ainsi que son taux interne de
rentabilité. Vous ne tiendrez pas compte, à ce stade, de l’aide mentionnée au document 8.
Indiquer l’intérêt de ces deux indicateurs.

2.4 Présenter l’avantage du critère du taux interne de rentabilité par rapport à celui de
la valeur actuelle nette pour comparer deux projets.

2.5 Présenter une synthèse des éléments à mettre en avant pour défendre le projet
d’investissement proposé par le CSE par rapport au premier projet envisagé. Vous ne devrez
pas vous limiter aux seuls critères financiers.

DOSSIER 3 – LE FINANCEMENT D’UN PROJET

Base documentaire : documents 7 et 8

À la suite de votre mission relative à l’analyse de la rentabilité de l’investissement,
Madame Hélène VASSEUR décide de réaliser le projet au début de l’année 2028 et réfléchit aux
modalités de son financement. Le financement portera sur un montant de
250 000 €, le solde étant autofinancé.

Votre mission consiste à accompagner Madame Hélène VASSEUR dans le choix de son mode de
financement.

3.1 Présenter une aide et un financement complémentaires mobilisables pour un
investissement durable.

3.2 Calculer le coût de revient en pourcentage, avant impôt, de l’emprunt bancaire pour
chacune des deux offres.

3.3 Proposer des arguments à Madame Hélène VASSEUR dans le choix du financement du projet,
sachant que le coût des fonds propres s’élève à 9,10 %.

DOSSIER 4 – LA GESTION DE LA TRÉSORERIE

Base documentaire : document 9

Préalablement à son investissement de 2028, Madame Hélène VASSEUR souhaiterait avoir de la
visibilité sur la trésorerie du quatrième trimestre 2027. La position bancaire de
l’entreprise au 30 septembre 2027 est débitrice de 18 500 €.

Votre mission consiste à établir un budget de trésorerie afin d’anticiper d’éventuelles
difficultés et d’y remédier.

4.1 Présenter à Madame Hélène VASSEUR deux intérêts de l’élaboration d’un budget de
trésorerie.

4.2 Établir le budget de trésorerie du quatrième trimestre 2027 (annexe A à rendre avec
votre copie).

4.3 Analyser la situation et conseiller Madame Hélène VASSEUR sur les actions envisageables
pour corriger les déséquilibres éventuels.


BASE DOCUMENTAIRE

Document 1 – Comptes de résultat au 31/12/2026 et au 31/12/2025, SAS LIGNARIS

Montants en euros.

Postes 2026 2025
Produits d’exploitation
Production vendue (biens et services) 1 248 500 1 072 300
Production stockée 18 400 -5 200
Subventions d’exploitation 24 800 12 500
Reprises sur amortissements, dépréciations et provisions 7 300 5 100
Autres produits 6 900 8 200
Total des produits d’exploitation 1 305 900 1 092 900
Charges d’exploitation
Achats de matières premières et autres approvisionnements 552 000 402 700
Variation des stocks de matières premières -21 500 9 400
Autres achats et charges externes 268 400 236 100
Impôts, taxes et versements assimilés 21 300 19 800
Salaires et traitements 289 600 251 400
Cotisations sociales 92 700 80 400
Dotations aux amortissements sur immobilisations 78 500 66 200
Dotations aux dépréciations sur actif circulant 3 100 1 800
Autres charges 4 200 3 900
Total des charges d’exploitation 1 288 300 1 071 700
Résultat d’exploitation 17 600 21 200
Charges financières 16 800 14 200
Produits des cessions d’immobilisations (produits exceptionnels) 9 500 0
Valeur comptable des immobilisations cédées (charges exceptionnelles) 6 800 0
Impôt sur les bénéfices 875 1 750
Résultat de l’exercice 2 625 5 250

Document 2 – Bilans fonctionnels au 31/12/2026 et au 31/12/2025, SAS LIGNARIS

Montants en euros.

Emplois 2026 2025 Ressources 2026 2025
Emplois stables (immobilisations brutes) 1 186 000 1 042 000 Ressources stables 1 365 825 1 272 600
dont capitaux propres 457 625 455 000
dont amortissements et dépréciations 462 700 415 600
dont dettes financières 445 500 402 000
Stocks 214 800 174 900 Dettes d’exploitation 241 500 228 700
Créances d’exploitation 338 000 262 400 Autres dettes 18 900 21 400
Autres créances 12 600 11 300
Trésorerie active 9 825 40 600 Trésorerie passive (concours bancaires) 135 000 8 500
Total 1 761 225 1 531 200 Total 1 761 225 1 531 200

Document 3 – Soldes intermédiaires de gestion, ratios et taux d’évolution

Soldes et ratios 2026 2025
Production de l’exercice 1 266 900 1 067 100
Consommations en provenance des tiers 798 900 648 200
Valeur ajoutée 468 000 418 900
Excédent brut d’exploitation 89 200 79 800
Résultat d’exploitation 17 600 21 200
Résultat de l’exercice 2 625 5 250
Taux de valeur ajoutée (VA / chiffre d’affaires) 37,5 % 39,1 %
Taux de marge brute d’exploitation (EBE / chiffre d’affaires) 7,1 % 7,4 %
Taux d’évolution du chiffre d’affaires 16,4 %
Poids des charges de personnel dans la valeur ajoutée 81,7 % 79,2 %

Document 4 – Tableau de flux de trésorerie de l’exercice 2026

Tableau de flux de trésorerie 2026 Montant
Capacité d’autofinancement 74 225
Variation du besoin en fonds de roulement -106 500
Flux net de trésorerie généré par l’activité -32 275
Acquisitions d’immobilisations -178 000
Cessions d’immobilisations 9 500
Flux net de trésorerie lié aux opérations d’investissement -168 500
Emprunts souscrits 145 000
Remboursements d’emprunts -101 500
Flux net de trésorerie lié aux opérations de financement 43 500
Variation de trésorerie -157 275
Trésorerie nette au 31/12/2025 32 100
Trésorerie nette au 31/12/2026 -125 175

Document 5 – Données relatives au premier projet d’investissement

Le premier projet porte sur l’acquisition d’un centre d’usinage à commande numérique pour un montant de
268 000 €, amortissable sur 5 ans. L’étude conduite par la
direction aboutit aux résultats suivants, sur la base d’un taux d’actualisation de
9 % :

Indicateur Valeur
Valeur actuelle nette 21 450 €
Taux interne de rentabilité 11,28 %
Indice de profitabilité 1,08
Délai de récupération du capital investi 4 ans et 2 mois

Document 6 – Données relatives au second projet d’investissement

Le second projet consiste à installer une ligne de valorisation des chutes de bois.

  • Montant de l’investissement : 312 000 €, amorti en linéaire sur
    5 ans.
  • Augmentation du besoin en fonds de roulement d’exploitation à la mise en service :
    18 000 €, récupérée en fin de projet.
  • Prix de cession estimé de l’équipement au terme des 5 ans :
    24 000 €. L’équipement sera alors totalement amorti.
  • Les charges variables représentent 40 % du chiffre
    d’affaires supplémentaire.
  • Le taux d’impôt sur les sociétés retenu est de 25 %.
  • Le taux d’actualisation retenu est de 9 %.
Éléments prévisionnels 2028 2029 2030 2031 2032
Chiffre d’affaires supplémentaire 212 000 248 000 268 000 274 000 279 000
Charges fixes hors amortissements 52 000 53 500 55 000 56 000 57 000

Document 7 – Financement du second projet

Deux établissements ont remis une offre pour un emprunt de 250 000 €,
remboursable par annuités constantes sur 5 ans.

Offre A — banque régionale Offre B — établissement mutualiste
Taux nominal annuel 4,30 % 3,95 %
Durée 5 ans 5 ans
Frais de dossier, prélevés au déblocage des fonds 1 350 € 2 900 €
Prime annuelle d’assurance emprunteur, constante, calculée sur le capital initial 0,28 % 0,41 %

Les frais de dossier sont retenus sur le montant mis à disposition. La prime d’assurance est
réglée en même temps que chaque annuité ; son montant reste identique chaque année, le
capital initial servant d’assiette sur toute la durée du prêt.

Document 8 – Co-financement et aide publique

La région propose une Subvention régionale « bois et réemploi » d’un montant de 26 000 €
pour les investissements réduisant la consommation de matière première ou valorisant les
déchets de production. Elle est versée en deux fois, 60 % à la commande et 40 % à la mise en service.

Le coût des fonds propres de l’entreprise est estimé à 9,10 %.

Document 9 – Prévisions hors taxes du quatrième trimestre 2027

Éléments Octobre 2027 Novembre 2027 Décembre 2027
Ventes hors taxes 128 000 146 000 118 000
Achats hors taxes 61 000 68 000 54 000
Autres charges externes hors taxes 18 500 19 200 17 800
Salaires nets 34 800 34 800 41 200
Charges sociales 15 900 15 900 18 800
Échéance d’emprunt 21 600
Acompte d’impôt sur les sociétés 14 200

Informations complémentaires :

  • les ventes sont encaissées à 40 % le mois même et pour le solde
    le mois suivant, toutes taxes comprises ;
  • les ventes hors taxes du mois de septembre 2027 se sont élevées à
    112 000 € ;
  • les achats sont réglés le mois suivant, toutes taxes comprises ; les achats hors taxes de
    septembre 2027 se sont élevés à 57 000 € ;
  • les autres charges externes sont réglées comptant, toutes taxes comprises ;
  • les salaires nets sont versés le mois même ; les charges sociales sont réglées le mois
    suivant, celles de septembre 2027 s’élevant à 15 400 € ;
  • la TVA due au titre d’un mois est décaissée le mois suivant ; celle due au titre de
    septembre 2027 s’élève à 9 850 € ;
  • le taux de TVA applicable est de 20 % sur l’ensemble des opérations ;
  • l’entreprise n’envisage aucune cession ni aucun nouvel emprunt sur le trimestre.

Proposition de correction

DOSSIER 1 – LE DIAGNOSTIC FINANCIER (6 points)

1.1 Point commun et différence entre l’EBE et la CAF (1 point)

Point commun : l’un et l’autre sont des flux potentiels de trésorerie. Ils sont calculés à
partir de produits encaissables et de charges décaissables, sans tenir compte des décalages de
règlement : ni l’EBE ni la CAF ne mesurent la trésorerie réellement disponible.

Différences : l’EBE ne retient que l’exploitation, alors que la CAF englobe l’ensemble des
activités de l’entreprise. La CAF intègre donc les charges financières, les autres produits et
charges d’exploitation et l’impôt sur les bénéfices, que l’EBE ignore. L’EBE constitue d’ailleurs
le point de départ du calcul de la CAF par la méthode soustractive.

1.2 Excédent brut d’exploitation et capacité d’autofinancement 2026 (1,5 point)

Excédent brut d’exploitation

EBE = valeur ajoutée + subventions d’exploitation − impôts et taxes − charges de personnel

EBE = 468 000 + 24 800
− 21 300 − (289 600 + 92 700)
= 89 200 €

Capacité d’autofinancement, méthode soustractive

CAF = EBE + autres produits − autres charges − charges financières − impôt sur les bénéfices

CAF = 89 200 + 6 900
− 4 200 − 16 800
− 875 = 74 225 €

Vérification par la méthode additive

CAF = résultat de l’exercice + dotations − reprises + valeur comptable des immobilisations
cédées − produits de cession

CAF = 2 625 + (78 500
+ 3 100) − 7 300
+ 6 800 − 9 500
= 74 225 €

Les deux méthodes concordent. On notera que le produit de cession est retranché : il relève du
flux d’investissement, non de l’activité.

1.3 Intérêt du flux net de trésorerie généré par l’activité (1 point)

La capacité d’autofinancement mesure une ressource potentielle : elle suppose que tous les
produits sont encaissés et toutes les charges décaissées dans l’exercice. Elle ignore donc la
variation du besoin en fonds de roulement, c’est-à-dire l’argent immobilisé dans les stocks et
les créances, diminué du crédit obtenu des fournisseurs.

Le flux net de trésorerie généré par l’activité corrige ce défaut :

FNTA = CAF − variation du besoin en fonds de roulement

Chez SAS LIGNARIS, l’écart est spectaculaire : une CAF de 74 225 € pour un
flux d’activité de -32 275 €, la variation du BFR
absorbant 106 500 €. Autrement dit, l’exploitation dégage une ressource
comptable mais consomme de la trésorerie : c’est exactement la contradiction que
Madame Hélène VASSEUR constate sans se l’expliquer.

1.4 Diagnostic financier (2,5 points)

Profitabilité et activité

L’activité progresse fortement : le chiffre d’affaires passe de 1 072 300 €
à 1 248 500 €, soit
16,4 % de croissance.

Mais cette croissance se fait au détriment de la marge. Le taux de valeur ajoutée recule de
39,1 % à
37,5 %, et le taux de marge brute
d’exploitation de 7,4 %
à 7,1 %. La cause est
identifiable : les achats de matières premières augmentent de
37,1 %, soit bien plus vite que le
chiffre d’affaires — c’est le renchérissement du bois certifié, que l’entreprise a choisi de
supporter. Le résultat de l’exercice tombe de 5 250 € à
2 625 € : l’entreprise vend plus et gagne moins.

Équilibre financier

Le fonds de roulement net global se dégrade, de 230 600 € à
179 825 € : les ressources stables progressent moins vite que
les emplois stables, l’investissement de l’exercice (178 000 €)
n’ayant été que partiellement couvert par de nouvelles ressources durables.

Dans le même temps, le besoin en fonds de roulement explose, de 198 500 €
à 305 000 €, soit
53,7 %. Deux postes
l’expliquent : les créances d’exploitation, qui passent de
262 400 € à
338 000 €, et les stocks, de
174 900 € à 214 800 €.
La clientèle publique, qui règle tardivement, et la constitution de stocks de bois pèsent
directement sur le cycle d’exploitation.

Trésorerie

La trésorerie nette bascule de 32 100 € à
-125 175 €. L’entreprise finance désormais son exploitation par un
découvert permanent de 135 000 €, ressource
courte, coûteuse et révocable, pour couvrir un besoin structurel.

Conclusion

La situation est celle d’un effet de ciseau classique : la croissance n’est pas autofinancée.
Trois leviers sont mobilisables. Restaurer la marge, en répercutant la hausse du prix du bois
dans les prix de vente ou dans les réponses aux appels d’offres. Réduire le besoin en fonds de
roulement, en négociant des acomptes sur les marchés publics et en accélérant la facturation.
Consolider enfin le découvert par un financement à moyen terme, qui rendrait au fonds de
roulement le niveau qu’appelle le besoin en fonds de roulement.

DOSSIER 2 – L’ANALYSE DE LA RENTABILITÉ D’UN INVESTISSEMENT (6 points)

2.1 Commentaire du premier projet (1 point)

Le projet est rentable, mais faiblement. Sa valeur actuelle nette est positive
(21 450 €) : actualisé à 9 %, il crée de la valeur.
Son taux interne de rentabilité, 11,28 %, dépasse le taux d’actualisation retenu, et
son indice de profitabilité de 1,08 indique que
chaque euro investi en rapporte 1,08.

Ces marges sont cependant minces. La valeur actuelle nette ne représente que
8,00 % du montant investi, et l’écart entre le taux interne
de rentabilité et le taux d’actualisation n’est que de
2,28 %. Surtout, le délai de récupération du capital
investi (4 ans et 2 mois) est très proche de la durée de vie retenue
(5 ans) : le projet ne devient rentable qu’au tout dernier moment, et la moindre
révision à la baisse des hypothèses le rendrait destructeur de valeur.

2.2 Flux nets de trésorerie du second projet (2 points)

Dotation aux amortissements = 312 000 ÷ 5 =
62 400,00 € par an.

Éléments 2028 2029 2030 2031 2032
Chiffre d’affaires supplémentaire 212 000,00 248 000,00 268 000,00 274 000,00 279 000,00
Charges variables 84 800,00 99 200,00 107 200,00 109 600,00 111 600,00
Charges fixes hors amortissements 52 000,00 53 500,00 55 000,00 56 000,00 57 000,00
Dotation aux amortissements 62 400,00 62 400,00 62 400,00 62 400,00 62 400,00
Résultat avant impôt 12 800,00 32 900,00 43 400,00 46 000,00 48 000,00
Impôt sur les sociétés 3 200,00 8 225,00 10 850,00 11 500,00 12 000,00
Résultat net 9 600,00 24 675,00 32 550,00 34 500,00 36 000,00
Capacité d’autofinancement 72 000,00 87 075,00 94 950,00 96 900,00 98 400,00
Flux net de trésorerie 72 000,00 87 075,00 94 950,00 96 900,00 134 400,00

Le flux de 2032 intègre deux éléments supplémentaires.

La cession de l’équipement, pour son prix estimé de 24 000 €.
L’équipement étant alors totalement amorti, sa valeur nette comptable est nulle : la totalité
du prix constitue une plus-value, imposée au taux de 25 %. L’encaissement
net s’élève donc à 24 000 × (1 − 25 %) =
18 000 €. Retenir les
24 000 € bruts serait une erreur classique : elle surestimerait la
valeur actuelle nette de près de 3 900 €.

La récupération du besoin en fonds de roulement constitué à la mise en service, soit
18 000 €. Le cycle d’exploitation s’interrompant avec le projet, les stocks
et créances qu’il mobilisait se dénouent.

2.3 Valeur actuelle nette et taux interne de rentabilité (1,5 point)

Le capital investi comprend l’équipement et le besoin en fonds de roulement constitué à la mise
en service : 312 000 + 18 000 =
330 000 €.

VAN = − 330 000 + Σ flux actualisés à
9 % = 38 660,33 €

Le taux interne de rentabilité est le taux qui annule cette valeur actuelle nette :
TRI = 13,01 %

Intérêt des deux indicateurs. La valeur actuelle nette mesure, en euros, la création de valeur
du projet une fois rémunérée l’exigence de rentabilité : positive, elle signifie que le projet
enrichit l’entreprise. Le taux interne de rentabilité exprime la rentabilité propre du projet et
se compare directement au coût des capitaux : tant qu’il lui est supérieur, le projet reste
acceptable. Il indique aussi de combien les hypothèses peuvent se dégrader avant que le projet
ne devienne destructeur de valeur — ici, 4,01 % de marge.

2.4 Avantage du taux interne de rentabilité sur la valeur actuelle nette (0,5 point)

La valeur actuelle nette est un montant : elle dépend de la taille de l’investissement et
avantage mécaniquement le projet le plus lourd. Le taux interne de rentabilité est un taux,
donc indépendant de l’échelle : il permet de comparer des projets de montants différents et de
les confronter au coût des ressources qui les financent.

2.5 Synthèse en faveur du projet porté par le CSE (1 point)

Sur le plan financier, le projet du comité social et économique l’emporte sur les deux
critères : sa valeur actuelle nette est de 38 660,33 € contre 21 450 €,
soit 17 210,33 € de plus, et son taux interne de rentabilité atteint
13,01 % contre 11,28 %. Sa marge de sécurité est donc plus confortable.

Sur le plan extra-financier, plusieurs arguments s’ajoutent, et le sujet invite à ne pas s’en
tenir aux seuls chiffres. La valorisation des chutes réduit un poste de charges — l’évacuation
en déchetterie professionnelle — tout en supprimant un déchet : l’économie est à la fois
financière et environnementale. La production de combustible pour la chaufferie de l’atelier
réduit la dépendance énergétique de l’entreprise et l’expose moins à la volatilité des prix.
Le projet prolonge la démarche de responsabilité sociétale déjà engagée et conforte les
indicateurs publiés, ce qui pèse dans les marchés publics où les critères environnementaux sont
notés. Enfin, le projet émane du comité social et économique : sa mise en œuvre bénéficiera de
l’adhésion des salariés, condition rarement acquise pour un changement d’organisation.

Les limites doivent être mentionnées : le gisement de chutes dépend du volume d’activité, et
la technologie suppose une montée en compétence de l’équipe.

DOSSIER 3 – LE FINANCEMENT D’UN PROJET (4 points)

3.1 Une aide et un financement complémentaires (1 point)

Une aide : la subvention régionale mentionnée au document 8, d’un montant de
26 000 €, destinée aux investissements qui réduisent la consommation de
matière première ou valorisent les déchets de production. Elle diminue d’autant le capital à
financer et n’a aucun coût, sous réserve du respect des conditions d’octroi.

Un financement complémentaire : un prêt à taux bonifié consenti par un organisme public de
financement pour la transition écologique, généralement sans garantie sur les actifs et à taux
inférieur au marché. D’autres voies sont recevables : le crédit-bail, qui préserve la trésorerie
initiale, ou un prêt participatif, assimilé à des quasi-fonds propres, qui améliorerait la
structure financière — argument à ne pas négliger pour une entreprise dont le fonds de roulement
s’est dégradé.

3.2 Coût de revient des deux offres (2 points)

Le coût de revient est le taux qui égalise le montant réellement mis à disposition et la suite
des décaissements. Les frais de dossier sont retenus au déblocage, la prime d’assurance
s’ajoute à chaque annuité. Cette prime est constante : son assiette est le capital initial, et
non le capital restant dû — une assiette dégressive allégerait les dernières annuités et
suffirait à inverser le classement des deux offres.

Offre A — banque régionale

Annuité = 250 000 × 4,30 % ÷ [1 − (1 + 4,30 %)
^ − 5] = 56 630,90 €

Prime d’assurance annuelle = 250 000 × 0,28 % =
700,00 €

Décaissement annuel = 57 330,90 € ; net encaissé =
250 000 − 1 350 = 248 650 €

Coût de revient : taux annulant 248 650 = Σ 57 330,90
÷ (1 + t)^n, soit 4,94 %

Offre B — établissement mutualiste

Annuité = 56 077,92 € ; prime d’assurance = 1 025,00 € ;
décaissement annuel = 57 102,92 € ; net encaissé =
247 100 €

Coût de revient : 5,02 %

3.3 Arguments pour le choix du financement (1 point)

L’offre affichant le taux nominal le plus bas n’est pas la moins chère. L’offre B annonce
3,95 % contre 4,30 % pour l’offre A, mais son coût de
revient réel est supérieur : 5,02 % contre 4,94 %. Les
frais de dossier, plus élevés de 1 550 €, et une prime
d’assurance plus lourde renversent le classement. C’est l’offre A qu’il faut retenir.

Le recours à l’endettement se justifie. Le coût de revient de l’offre A,
4,94 %, est nettement inférieur au coût des fonds propres
(9,10 %) : le financement par emprunt est moins onéreux que
l’autofinancement, et l’effet de levier joue favorablement tant que la rentabilité économique
du projet (13,01 %) dépasse le coût de la dette.

Une réserve doit être formulée. La structure financière est déjà tendue : trésorerie nette
négative, découvert permanent, fonds de roulement en recul. Un endettement supplémentaire
dégradera l’autonomie financière. Il est donc recommandé de mobiliser d’abord la subvention de
26 000 €, qui réduit le capital emprunté sans contrepartie.

DOSSIER 4 – LA GESTION DE LA TRÉSORERIE (4 points)

4.1 Deux intérêts du budget de trésorerie (0,5 point)

Il permet d’abord d’anticiper les impasses : en identifiant à l’avance les mois déficitaires,
l’entreprise négocie ses concours bancaires avant d’en avoir besoin, dans une position de force
et à de meilleures conditions.

Il permet ensuite d’agir sur le calendrier : connaissant les points de tension, la dirigeante
peut décaler un décaissement, accélérer une facturation ou échelonner un règlement, plutôt que
de subir le découvert.

4.2 Budget de trésorerie du quatrième trimestre 2027 (2,5 points)

Calcul préalable de la TVA

Éléments Octobre 2027 Novembre 2027 Décembre 2027
TVA collectée 25 600 29 200 23 600
TVA déductible 15 900 17 440 14 360
TVA due au titre du mois 9 700 11 760 9 240

La TVA due au titre d’un mois est décaissée le mois suivant : celle de septembre
(9 850 €) est réglée en octobre.

Budget de trésorerie

Éléments Octobre 2027 Novembre 2027 Décembre 2027
Encaissements sur ventes 142 080 162 240 161 760
Décaissements sur achats 68 400 73 200 81 600
Décaissements sur autres charges externes 22 200 23 040 21 360
Salaires nets 34 800 34 800 41 200
Charges sociales 15 400 15 900 15 900
TVA à décaisser 9 850 9 700 11 760
Échéance d’emprunt 0 0 21 600
Acompte d’impôt sur les sociétés 0 0 14 200
Total des décaissements 150 650 156 640 207 620
Solde du mois -8 570 5 600 -45 860
Trésorerie en début de mois -18 500 -27 070 -21 470
Trésorerie en fin de mois -27 070 -21 470 -67 330

4.3 Analyse et conseils (1 point)

La situation se dégrade sur le trimestre. Partie d’une position débitrice de
18 500 €, la trésorerie termine à
-67 330 €. Novembre est le seul mois excédentaire
(5 600 €), grâce à l’encaissement des ventes élevées d’octobre.

Décembre concentre les difficultés : le solde du mois est de
-45 860 €. Trois décaissements exceptionnels s’y cumulent — la
prime de fin d’année sur les salaires, l’échéance d’emprunt de
21 600 € et l’acompte d’impôt sur les sociétés de
14 200 € — au moment où les ventes de décembre, plus faibles,
ne sont encaissées qu’à 40 %.

Actions envisageables. À court terme, négocier avec la banque une autorisation de découvert
couvrant le point bas de décembre, ou mobiliser les créances clients par une cession de créances
professionnelles ou un contrat d’affacturage — solution particulièrement adaptée ici, les
créances sur des collectivités présentant un risque d’impayé quasi nul. Solliciter un délai de
paiement auprès de l’administration fiscale pour l’acompte est également possible.

À moyen terme, le problème n’est pas de trésorerie mais de structure : un besoin en fonds de
roulement de 305 000 € financé par du découvert appelle un
financement stable. La négociation d’acomptes à la commande sur les marchés publics et le
raccourcissement du délai de facturation agiraient, eux, sur la cause.

Questions fréquentes

La calculatrice est-elle autorisée à l’épreuve d’UE6 ?

Oui : calculatrice avec mode examen actif, ou calculatrice sans mémoire de type collège. Aucun document n’est en revanche autorisé, contrairement à l’UE9 et à l’UE10 où la liste des comptes du plan comptable général est fournie.

Ce sujet est-il une annale officielle ?

Non. C’est un sujet inédit écrit par RéviseCompta au format de l’épreuve, d’après la structure du sujet zéro publié pour le programme applicable à la session 2027. Il n’a aucune valeur réglementaire.

Combien de dossiers comporte l’épreuve d’UE6 ?

Le sujet zéro publié pour la session 2027 en compte quatre, barémés 6, 6, 4 et 4 points : diagnostic financier, rentabilité d’un investissement, financement d’un projet, gestion de la trésorerie. Ce sujet type suit la même structure.

Faut-il retrancher l’impôt de la valeur résiduelle d’un investissement ?

Oui lorsque le bien est totalement amorti au terme du projet : sa valeur nette comptable étant nulle, la totalité du prix de cession constitue une plus-value imposable. Le flux de dernière année s’en trouve réduit, et la valeur actuelle nette avec lui.

Le taux nominal le plus bas donne-t-il toujours l’emprunt le moins cher ?

Non. Les frais de dossier et la prime d’assurance emprunteur peuvent inverser le classement : c’est ce que montre le dossier 3, où l’offre affichée à 3,95 % revient plus cher que celle à 4,30 %.

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