DCG UE11 — Contrôle de gestion
L’épreuve, le programme et la méthode.
En bref : l’UE11 Contrôle de gestion est une épreuve écrite de 4 heures, de coefficient 1, qui vaut 14 crédits ECTS. C’est la plus longue des épreuves comptables du DCG, et celle dont le programme est le plus lourd : 200 heures. Elle porte sur des situations permettant d’analyser plusieurs problématiques de gestion — coûts, budgets, tableaux de bord, pilotage de la performance. Aucun document n’est autorisé, la calculatrice l’est. Deux sujets zéro ont été publiés pour la session 2027, là où les autres unités n’en comptent qu’un.
L’épreuve
Le bulletin officiel la définit comme une épreuve écrite portant sur l’étude d’une ou de plusieurs situations permettant d’analyser plusieurs problématiques de gestion. C’est une épreuve de 4 heures, là où l’UE6, l’UE9 et l’UE10 en durent 3 : le format laisse la place à des dossiers plus nourris, et le rythme de traitement n’est pas le même.
Aucun document n’est autorisé ; la calculatrice l’est, avec mode examen actif ou sans mémoire de type collège.
Le guide pédagogique apporte un cadrage utile : les quatre parties du référentiel sont abordées à l’épreuve, mais cela ne signifie pas qu’il y a un dossier par partie. Réviser en misant sur une correspondance mécanique entre parties du programme et dossiers du sujet serait une erreur.
Autre caractéristique propre à cette unité : le contexte peut être n’importe quelle organisation. Le guide insiste sur la diversité des terrains — entreprises privées, secteur public, associations, activités industrielles, commerciales ou de services — et invite les enseignants à multiplier les contextes pour que les candidats ne soient pas déstabilisés par un vocabulaire inhabituel. Les deux sujets zéro l’illustrent : une exploitation agricole pour l’un, un établissement médico-social associatif pour l’autre.
Le programme applicable à la session 2027
Le programme représente 200 heures — le volume le plus élevé des unités couvertes ici — réparties en quatre compétences bâties sur les trois dimensions de la boîte à outils du contrôleur de gestion : les coûts, les budgets et les indicateurs.
| Partie | Heures | Part du programme |
|---|---|---|
| 1. Identifier et caractériser la place du contrôle de gestion comme aide au pilotage de la performance | 30 h | 15 % |
| 2. Analyser la formation du résultat et des coûts pour aider aux prises de décisions | 60 h | 30 % |
| 3. Mettre en œuvre une démarche budgétaire pour piloter une organisation | 50 h | 25 % |
| 4. Exploiter les outils du contrôle de gestion pour améliorer les performances de l’organisation | 60 h | 30 % |
Deux parties dominent, à 60 heures chacune : les coûts et les outils de la performance. La première, plus conceptuelle, a vocation à irriguer les trois autres plutôt qu’à être traitée isolément — le guide justifie d’ailleurs son volume par le fait que ses notions seront réutilisées partout ailleurs. Le détail des sous-parties précise le dosage.
- Place du contrôle de gestion (30 h) — besoins en information et positionnement de la fonction (15 h), contrôle de gestion comme aide au pilotage de la performance (15 h). Centres de responsabilité, chaîne de valeur, missions du contrôleur de gestion et intégration des outils numériques, définitions de la valeur, de la performance globale et de la durabilité.
- Résultat et coûts (60 h) — formation du résultat (10 h), indicateurs de risque d’exploitation (10 h), méthodes de coûts (40 h). C’est le plus gros bloc du programme : centres d’analyse, coûts partiels, coûts à base d’activités, imputation rationnelle, seuil de rentabilité et levier d’exploitation.
- Démarche budgétaire (50 h) — analyse de la démarche (5 h), techniques prévisionnelles (25 h), analyse des résultats de la gestion budgétaire (20 h). Prévisions des ventes, budgets des approvisionnements, de production et de trésorerie, puis calcul et interprétation des écarts.
- Outils de la performance (60 h) — indicateurs de pilotage (15 h), causes de non-performance (15 h), pilotage de la qualité (10 h), pistes d’amélioration de la performance globale (20 h). Tableaux de bord, indicateurs financiers et extra-financiers, coûts de la qualité, responsabilité sociétale.
La lecture par blocs est instructive : calculs et analyse se répartissent à parts sensiblement égales. Chaque partie du référentiel comporte un volet quantitatif et un volet d’interprétation, complété par la rédaction d’un écrit destiné à conseiller un décideur.
Ce que le programme ne demande pas
Le guide pédagogique borne plusieurs notions, et ces limites sont particulièrement utiles dans une unité où les méthodes de calcul se déclinent à l’infini.
- La loi binomiale et la loi de Poisson ne sont pas étudiées. Seules les variables quantitatives sont mobilisées, avec leurs deux paramètres : moyenne et écart-type.
- Les problèmes relatifs aux en-cours sont exclus du calcul des coûts.
- Les comptes financiers prévisionnels — compte de résultat et bilan prévisionnels — ne sont pas abordés : la démarche budgétaire s’arrête aux budgets et à leur suivi.
- Les prévisions de ressources humaines sont limitées à la masse salariale : prévision des effectifs et des salaires, calcul et analyse des écarts.
- Le niveau stratégique du contrôle de gestion est évoqué, mais son approfondissement relève du DSCG.
- Les outils numériques sont présentés de manière générale : aucun logiciel du marché n’est imposé, même si une mise en œuvre sur tableur est prévue dans les modules méthodologiques.
Ce qui change à la session 2027
Le DCG est réformé par l’arrêté du 4 août 2025, publié au bulletin officiel de l’enseignement supérieur du 28 août 2025. Les nouveaux programmes sont enseignés depuis la rentrée de septembre 2026 et les premières épreuves alignées sur eux ont lieu à la session 2027. Les sessions jusqu’à 2026 incluse relèvent du programme de 2019.
Ce qui ne change pas
Les modalités sont identiques : 4 heures, coefficient 1, 14 crédits ECTS, aucun document autorisé et calculatrice admise. Le socle technique non plus : le calcul des coûts, le seuil de rentabilité, les écarts sur coûts préétablis et la construction budgétaire restent le cœur de l’épreuve.
Ce qui change
L’orientation du programme se déplace nettement. Le référentiel acte l’évolution du métier : historiquement centrée sur les outils quantitatifs et monétaires, la fonction intègre depuis une trentaine d’années la dimension qualitative et l’approche extra-financière. Le contrôleur de gestion y est décrit comme « à la fois un conseiller des dirigeants et un communicant pour les parties prenantes ».
Quatre inflexions en découlent : le contrôle de gestion est présenté comme une aide au pilotage global de la performance, articulée aux démarches comptables, financières et extra-financières ; les indicateurs de durabilité entrent dans les tableaux de bord, comme en UE6 où le diagnostic devient financier et extra-financier ; l’étude du contrôle de gestion dans tous les types d’organisations et d’activités est renforcée, avec une place accrue aux services et à l’immatériel ; enfin les outils numériques et l’esprit critique sur les méthodes — leurs intérêts, leurs limites, leurs risques — deviennent des attendus explicites.
Le guide résume l’exigence en une phrase : l’étudiant doit être capable de comprendre une démarche, de l’appliquer concrètement à une organisation, et d’en analyser les avantages et les inconvénients. Le calcul seul ne suffit plus.
Les deux sujets zéro, et ce qu’ils annoncent
Deux sujets zéro, accompagnés de leurs éléments de corrigé, ont été publiés pour cette UE dans le guide pédagogique du DCG — deux, là où les autres unités n’en comptent qu’un. Ils n’ont pas le même statut, et c’est important de le savoir avant de s’y mettre.
Le sujet zéro A est une modélisation de l’épreuve. Il compte 13 pages et se présente sous la forme de quatre dossiers indépendants, adossés à treize documents et à un tableau de bord à compléter en annexe. Le contexte est celui d’une exploitation agricole suivie par un cabinet spécialisé, dont le candidat est le collaborateur en charge du contrôle de gestion.
| Dossier | Barème | Ce qui est demandé |
|---|---|---|
| 1. Analyse des coûts | 6 points | Mettre en œuvre la méthode des centres d’analyse pour calculer les coûts et le résultat de deux produits, compléter les indicateurs financiers d’un tableau de bord en annexe, puis rédiger un écrit d’environ une page pour conseiller la dirigeante. |
| 2. Gestion de production | 5 points | Exploiter des données de conditionnement et un planning prévisionnel, autour d’un investissement en matériel de tri. |
| 3. Gestion de la qualité et de la durabilité | 5 points | Traiter des indicateurs RSE de l’exploitation et les enjeux de qualité associés. |
| 4. Projet de diversification | 4 points | Exploiter une étude de marché, des marges, des coûts hors production et des coûts de production estimés pour éclairer un lancement de produit. |
Le sujet zéro B n’est pas un sujet d’examen : le guide indique explicitement qu’il s’agit d’un sujet de formation, dont le traitement intégral dépasse volontairement les 4 heures. Il compte 15 pages et cinq dossiers, dont un dossier « 4 bis » sur la gestion budgétaire de la masse salariale, conçu pour remplacer au choix le dossier 2, 3 ou 4. Son contexte est un institut médico-éducatif associatif — l’occasion d’affronter un vocabulaire décalé : on n’y parle pas de chiffre d’affaires mais de produits d’exploitation, pas de seuil de profitabilité mais de seuil d’équilibre. Son corrigé, très détaillé, s’adresse davantage aux enseignants qu’aux candidats.
Trois enseignements communs se dégagent. Le format est de quatre dossiers indépendants, barémés entre 4 et 6 points. Une annexe est à compléter et à rendre dans les deux cas — un tableau de bord. Et chaque sujet demande un écrit argumenté destiné à un décideur, parfois chiffré à une page.
Où se jouent les points
Les calculs sont normés, les commentaires ne le sont pas. Un coût complet, un écart sur charges directes ou un budget de trésorerie se construisent toujours de la même façon : ce sont des points sûrs pour qui a automatisé la méthode. Les questions d’interprétation — que révèle cet écart, que faut-il en faire — départagent les copies.
Quatre heures ne sont pas un confort. La durée supérieure va de pair avec des dossiers plus longs : treize documents dans le sujet zéro A, quinze pages dans le sujet B. Le repérage initial du sujet et l’ordre de traitement pèsent davantage ici que sur une épreuve de trois heures.
La dimension qualitative n’est plus accessoire. Tableaux de bord, indicateurs non monétaires et critères de durabilité font partie du cœur de l’épreuve, pas de sa périphérie. Un dossier entier du sujet zéro A porte sur la qualité et la durabilité, pour un quart du barème.
L’écrit structuré se prépare. Une réponse rédigée « d’une page environ » ne s’improvise pas en fin d’épreuve : constat chiffré, cause probable, conséquence pour l’organisation, recommandation. C’est un plan à avoir en tête avant d’entrer dans la salle.
Questions fréquentes
Combien de temps dure l’épreuve d’UE11 ?
Quatre heures, contre trois pour l’UE6, l’UE9 et l’UE10. C’est la plus longue des épreuves comptables et financières du diplôme. Le coefficient reste de 1 et l’unité vaut 14 crédits ECTS, comme les autres.
La calculatrice est-elle autorisée ?
Oui : calculatrice avec mode examen actif, ou calculatrice sans mémoire de type collège. Aucun document n’est en revanche autorisé — pas de plan comptable, contrairement à l’UE9 et à l’UE10.
Y a-t-il un dossier par partie du programme ?
Non. Le guide pédagogique précise que les quatre parties du référentiel sont abordées à l’épreuve, mais sans correspondance mécanique avec les dossiers du sujet. Le sujet zéro A le confirme : son dossier 1 mobilise à lui seul le calcul de coûts, le tableau de bord et l’écrit d’analyse.
Les lois de probabilité sont-elles au programme ?
Partiellement. La loi binomiale et la loi de Poisson ne sont pas étudiées ; seules les variables quantitatives sont mobilisées, avec la moyenne et l’écart-type. La loi normale, elle, reste utilisée — le sujet zéro B fournit d’ailleurs sa table en annexe.
Faut-il savoir établir un bilan prévisionnel ?
Non. Les comptes financiers prévisionnels, compte de résultat et bilan, ne sont pas abordés par le programme. La démarche budgétaire s’arrête à la construction des budgets et à l’analyse des écarts.
Le contrôle de gestion des associations et du secteur public est-il exigible ?
Oui, dans son principe. Le programme demande d’identifier le rôle du contrôle de gestion selon les caractéristiques de l’organisation : privée, publique, associative, ou cliente d’un cabinet d’expertise comptable. Le sujet zéro B, situé dans un établissement médico-social associatif, montre à quoi cela peut ressembler.
Les annales antérieures à la réforme sont-elles encore utiles ?
Oui. Le calcul des coûts, les écarts et la démarche budgétaire restent le socle de l’épreuve et s’entraînent sans réserve. Il faut simplement compléter cet entraînement par les dimensions nouvelles — indicateurs extra-financiers, durabilité, écrits de conseil — que les sujets antérieurs n’abordent pas ou peu.
S’entraîner au-delà des annales
Quand les annales de l’UE11 sont épuisées, ou qu’une notion est tombée trop rarement pour qu’une annale la couvre, les sujets types corrigés de l’UE11 prennent le relais : des sujets inédits écrits au format de l’épreuve — quatre dossiers indépendants, même barème, quatre heures — avec leur corrigé rédigé et deux PDF imprimables, énoncé d’un côté, corrigé de l’autre.